ADDICTED
Pourquoi sommes-nous « addicts » des séries ? Et quelles séries !
Bien sûr, il y a les séries policières, les séries criminelles qui nous tiennent en haleine et ont le don de nous surprendre : rien que pour la délivrance ressentie à la fin de l’épisode, ça vaut le coup !
Mais les « séries de filles » et toutes ces choses incompréhensiblement attirantes ? Les créateurs nous prennent clairement pour des billes, et pourtant, on regarde donc on aime ça ! Au début, c’est juste parce que « ça nous fait rire », ça nous amuse, puis on en vient à regarder un épisode au lieu de faire ce qu’on avait prévu le soir, pour plus tard se renseigner sur Internet pour tout savoir sur les rouages de la série ou sur tel acteur et finalement se retrouver à chercher tous les indices, sans pourtant vouloir vraiment savoir, sur la suite des épisodes. Comment va commencer la prochaine saison ? Y a-t-il des acteurs qui vont partir ? Y aura-t-il de nouveaux personnages ? La nature de la série va-t-elle se retrouver dénaturée (comme si) ?
Et vient ce jour où, vu que ce sont très souvent des séries américaines (ils ont le don pour nous rendre dépendantEs), on se retrouve à chercher les premiers extraits (avec l’espoir de voir l’épisode entier) de ce qui a été diffusé la veille aux USA.
On a envie de dire STOP !
Mais c’est tellement excellent ! Tellement mieux qu’un film qu’on a adoré et dont on souffre qu’il y ait une fin ! Il faut quand même que ça finisse un jour, mais c’est plus savoureux que ce soit le cas après plusieurs saisons pendant lesquelles on a pu découvrir des personnages et leur évolution, leurs réactions par rapport à des situations diverses qui leur donnent de la profondeur et un réalisme attachants. Je parle ici des séries dans lesquelles les personnalités sont travaillées, bien sûr, où ils ne jouent pas qu’un rôle de gentil, de méchant, de victime, etc.
Mais de quoi elle parle ?
L’exemple d’une série qui a su jouer intelligemment avec ses personnages : FRIENDS. Si on y prête attention, sur les 10 saisons réalisées, on a adoré et détesté (ou presque) chacun d’eux. Ils évoluent, leurs relations changent et leurs situations aussi. On découvre leurs qualités mais aussi leurs défauts, comme lorsque l’on apprend à connaitre quelqu’un. Est-ce la raison pour laquelle nous nous retrouvons accros ?
Si l’on prend à l’exemple la série DAWSON (my generation), en faisant bien entendu abstraction de la musique du générique qui devient très vite insupportable et d’un personnage qu’on a tous dans sa ligne de mir (personnellement, c’est Joey que j’ai toujours eu envie de secouer, pour ne pas dire pire…), a su, au fil de ses épisodes, montrer « la vraie vie ». C’est une série qui n’a pas eu peur de mettre en scène les déceptions, les appels manqués et les drames. Mais les petits moments de bonheur qu’elle montre sont ce qui compose notre quotidien. Seuls les gens qui n’aiment pas (car ils n’ont pas regardé ou peut être parce qu’ils sont dans la logique la plus totale) pourront me contredire.
Se retrouver dans les personnages
La question qui se pose à présent est la suivante : peut-on aimer une série quand on ne se reconnait pas dedans ? Est-il possible de s’attacher à un personnage sans y entrevoir une partie à laquelle on est sensible ? Peut-on croire à des scénarios qui se contentent de placer ici un innocent lambda qui se fait agresser et sauver in extremis par Boris et son pistolet (parce qu’il est flic) ? C’était possible il y a vingt ans, mais plus aujourd’hui.
Si l’on regarde les séries qui ont survécu au temps, ce ne sont que celles qui correspondent à la description faite plus tôt : L’AGENCE TOUS RISQUES (comment se passer de Baracuda ?), LES DROLES DE DAMES (rien que pour Charlie), LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE (Mme Oleson restera gravée dans notre mémoire), etc.
Peut-être que cette réflexion vous révoltera sur certains points ou même à tous les niveaux, mais je pense que c’est intéressant de se demander pourquoi on aime passer du temps à regarder un programme plus qu’un autre, la question m’étant venue quand on m’a demandé récemment ce que je préférais… Eh bien c’était difficile à avouer ! Et puis en fait, non, je ne suis pas la seule après tout !
A.W.
